L’utilisation de la couleur dans les musées, étude de ses effets sur les publics

La couleur en architecture a été, tout au long du XXe siècle, au cœur de multiples débats, les uns la considérant comme un ornement non nécessaire et éphémère, les autres défendant son utilisation en la décrivant comme indissociable du bien-être de l’être humain, tant dans la ville qu’à l’intérieur des bâtiments. Cette étude porte plus particulièrement sur les musées, institutions qui répondent à de nombreuses normes programmatiques, et où la couleur tend à prendre une place nouvelle au cours des dernières décennies.

HISTOIRE DE L'ART

Manon Béranger

12/4/202511 min temps de lecture

     La couleur en architecture a été, tout au long du XXe siècle, au cœur de multiples débats, les uns la considérant comme un ornement non nécessaire et éphémère, les autres défendant son utilisation en la décrivant comme indissociable du bien-être de l’être humain, tant dans la ville qu’à l’intérieur des bâtiments. En 1931, l’architecte français Le Corbusier réaffirme l’importance de la couleur en 1931, s’opposant à sa dépréciation qui avait dominé les premières années du XXe siècle. Il en fait ainsi un aspect essentiel de l’architecture et de sa qualité : « la polychromie appartient à la grande architecture vivante de toujours et de demain. […] La polychromie est un aussi puissant moyen de l’architecture que le plan et la coupe 1 » Cette étude porte plus particulièrement sur les musées, institutions qui répondent à de nombreuses normes programmatiques, et où la couleur tend à prendre une place nouvelle au cours des dernières décennies. Cet usage de la couleur s’oppose à la tradition architecturale dominante pour les bâtiments publics culturels contemporains, le white cube. La couleur est montrée comme un« signifiant, comme une identité 2 » ; elle est perçue comme nécessaire aux usagers, autant dans l’appréhension du discours d’une exposition que dans la création d’espaces sécurisants. La couleur tend donc à modifier la perception des musées.

     La couleur trouve son importance dans son rapport au visiteur. Elle ne se situe pas nécessairement dans les espaces des œuvres, mais peut être présente dans des espaces pensés spécifiquement pour les publics, en dehors des expositions. En effet, selon Kagan Kegeçi,« comprendre les effets psychologiques de la couleur permet aux architectes de créer des espaces qui ne se contentent pas d’être beaux, mais qui procurent également un sentiment de bien-être […] et façonnent l’expérience globale d’un bâtiment 3 ». La couleur peut donc avoir un effet bénéfique, voire vertueux sur les publics. La couleur se fait langage visuel, « véhiculant toute la gamme des humeurs et des émotions, de la force et de la solidité à la douceur et à la sérénité 4 ». Ainsi un nouveau rapport à la couleur dans les espaces muséaux 5 prend son essor, au-delà d’un jeu sur les volumes intérieurs d’une architecture. Par exemple, des espaces de bien-être, aux palettes de couleurs pensées dès leur conception, voient le jour. Le Hamo, au Palais de Tokyo s’inscrit dans cette tendance (fig.1). Inauguré en 2023, cet espace de médiation culturelle, conçu par l’agence Freaks Architecture, est destiné à l’accueil des publics dans leur plus grande diversité 6 . Dans ce lieu dominent les couleurs claires (beige, rose pastel et gris) qui dialoguent avec un bleu pastel présent sur certains des murs. Il se structure autour de petits modules aux formes arrondies appelées koyas 7 (cabane en japonais), dans lesquelles se déroulent les ateliers proposés par le musée. Le choix de couleurs douces, de même que la prédominance de la courbe, témoignent de l’intérêt porté à l’accessibilité au sein de cet espace. Dans ce lieu se dégage en effet une impression de sérénité. La dimension novatrice de ce type d’espace à l’intérieur du musée est ici à souligner.

     Les espaces de bien-être au sein des musées se présentent comme des lieux de vie inclusifs, reprenant la pensée selon laquelle l’homme a besoin de couleur pour vivre 8 . L’espace de détente et de bien-être du nouveau Musée de la Marine, la « Bulle » affirme l’engagement du musée pour une accessibilité universelle (fig.2). Cet espace de 9m2, entièrement beige, se trouve au milieu des collections du musée et propose un temps apaisant autour de la thématique du récif et du corail. S’il a été pensé « initialement pour les publics en situation de handicap mental ou ayant un trouble du spectre autistique », il est en accès libre. Cet espace est « inspiré de la méthode Sneoezelen, inclusif, sensoriel, permanent et co-conçu avec des publics en situation de handicap 10 ». Ces lieux cherchent à signifier aux visiteurs qu’ils y sont les bienvenus. Pour ce faire, il appartient à l’architecte de prendre en compte « les sensibilités culturelles, les choix de couleurs nécessitent une planification minutieuse et une compréhension approfondie des complexités en jeu 11 ». Autrement dit, les tons choisis doivent nécessairement prendre en compte la physiologie de l’être humain. 12 La couleur permet de cette manière de créer un lien entre les personnes utilisant ces espaces de bien-être, pouvant favoriser les échanges entre les visiteurs.

     « La couleur de l’intérieur est celle de l’utilisateur 13 », pensée pour faciliter la compréhension du propos et la différenciation des espaces d’une institution. Elle trouve une place toute particulière dans la signalétique des musées, que ce soit des panneaux, des lieux de circulation, ou la différenciation des espaces. Dédiée ici à l’orientation des visiteurs, son usage et la diversité des tons utilisés sont rarement remis en question, contrairement aux espaces d’exposition. Kagan Keçeci que la couleur « peut être utilisée pour définir les différentes zones d’un espace, créer un sentiment de fluidité et améliorer la fonctionnalité du bâtiment 14 ». Les couleurs comme aide au déplacement du visiteur possèdent donc une fonction clairement identifiée dans les musées. Au Musée du Louvre, une étude a été faite en 2024 sur l’utilité de la couleur comme moyen signalétique. Après avoir interrogé les agents postés du musée, il est apparu indispensable que les différentes couleurs qui indiquent les diverses sections de l’édifice demeurent. En effet, la couleur permet autant d’indiquer leur chemin aux visiteurs que de se repérer dans un plan, particulièrement dans une institution aussi vaste que le Louvre. Elle organise « des séquences spatiales 15 », et devient un élément optique essentiel au sein du parcours du public. Elle est quasiment indissociable d’une expérience réussie de visite, en fonctionnant comme point de repère et en permettant au visiteur de se sentir maître de sa visite. Autrement dit, « la couleur peut être utilisée pour guider les gens entre les espaces en soulignant les itinéraires importants, en identifiant les différentes zones et en créant un sentiment d’orientation 16 ». Dominique Coulon réalise, dans ses bâtiments publics culturels, des espaces entièrement monochromes et souvent dans des teintes vives, créant ainsi des espaces particulièrement attrayants. Il crée des sections, parfois sans murs, mais dont la distinction visuelle se fait par la couleur.

     Les changements de couleurs créent des séparations fortes entre les différents espaces intérieurs, d’autant plus lorsque les contrastes sont importants. Au MAXXI à Rome, inauguré en2010, l’architecte Zaha Hadid décide de mettre en scène un escalier noir qui dessert l’ensemble des niveaux de l’institution (fig.3). Les voies de circulation sont largement mises en évidence et témoignent de l’importance de la couleur comme guide des visiteurs dans leurs déplacements. Monumental, cet escalier devient central dans le parcours du public au sein de l’institution. L’utilisation de la couleur est ici assumée et par-là, la création d’un univers propre au musée. Si la polychromie ou la présence de couleur permettent de différencier les divers espaces qui cohabitent au sein d’un musée(accueil, lieu d’exposition, espaces de repos…), elle est aussi utilisée dans le parcours d’expositions. Au Palais Galliera, pour l’exposition temporaire« Stephen Jones », qui s’est déroulée du 19 octobre 2024 au 16 mars 2025,le parcours famille était signalé par des cartels en forme de chapeau sur fond rouge, les rendant, de cette manière, rapidement identifiables.

     Dans la perspective contemporaine où le musée se positionne comme un acteur de la vie,cherchant à créer des liens avec ses publics, la couleur est largement revalorisée. Reprenant l’idéologie de l’ouverture de ces institutions vers de nouveaux visiteurs et leur inclusion dans les dispositifs culturels, le mur blanc est peu à peu mis à distance. Deux approches de la couleur peuvent être retenues. C’est ce que défend le designer Jean-Gabriel Gausse en l’abordant d’abord« du point de vue esthétique -l’approche traditionnelle-, mais surtout en tenant compte de l’influence que peut avoir la couleur sur nos perceptions et nos comportements 17 ». La couleur, en tant qu’influence, qui nous intéresse ici, permet de clarifier le propos de l’institution. Le visiteur se trouve ainsi projeté dans un univers, quidevient aussi un ingrédient pour construire un récit de visite. Par exemple, pour l’exposition « Pulse » ayant eu lieu en 2006 à l’Art Gallery Installation de Los Angeles, les œuvres roses de Florencia Vita et Jackilin Hah Bloom ont été exposées dans une salle où les murs et le sol étaient peints dans la même teinte,créant ainsi un univers à part et marquant pour les visiteurs, au sein du musée (fig.4). En laissant une forte impression au public, qu’elle soit bonne ou mauvaise, la couleur rend l’expérience de visite mémorable. La couleur laisse aussi place à la subjectivité du visiteur dans son appréhension d’un parcours de visite,tout en mettant les œuvres en valeur et en clarifiant le propos d’une exposition. Par exemple, au FOMU à Anvers, les différentes salles sont séparées, au premier étage, par des changements chromatiques - on passe, par exemple, d’une salle jaune à des murs blancs recouverts de fines parties en bois - (fig.5), qui permettent, de cette manière, de créer des univers distincts. Le visiteur se trouve ainsi projeté dans différents espaces rythmant sa visite, pouvant aller jusqu’à créer des effets de surprise dans les contrastes choisis. Pour Marie-Pierre Servantie, la couleur, en créant des contrastes visuels entre les différents espaces d’une exposition, donne envie au visiteur de rester plus longtemps, au contraire d’un espace entièrement blanc qui serait, selon la chromo-architecte, davantage ennuyeux pour le regard . 18 

     Par ailleurs, « en utilisant la couleur comme un matériau constructif, l’architecture peut pourvoir aux besoins de l’esprit 19 ». C’est « un outil puissant qui peut façonner nos perceptions, influencer nos émotions et améliorer notre expérience de l’environnement bâti 20 ». Elle permet en outre d’intégrer des publics spécifiques à l’expérience muséale : « les choix de couleurs doivent tenir compte de l’accessibilité pour les personnes souffrant de déficiences visuelles, garantir un contraste adéquat et éviter les combinaisons de couleurs difficiles à distinguer 21 ». La couleur devient un dispositif garantissant une meilleure accessibilité aux personnes souffrant de déficiences visuelles, par des différences de teintes facilement distinguables. Par ailleurs, les normes régissent en partie l’usage de la couleur dans les institutions publiques. C’est le cas par exemple de la colorisation de la première marche des escaliers, qui doit toujours différer de celle des sols plats, afin que les personnes en situation de handicap visuel puissent facilement les identifier 22 . Marie-Pierre Servantie a souligné, lors de notre entretien, un autre enjeu, pour les personnes en situation de handicap moteur, en posant la question de la hauteur à laquelle l’architecte ou le coloriste doit mettre la couleur, afin qu’elle soit accessible à tous 23 . Elle dépasse ainsi sa caractéristique d’élément décoratif, facilitant la compréhension des publics du discours d’une exposition ou du repérage dans un édifice. La couleur « crée un terrain fertile pour des connexions plus hétérogènes avec le public 24 ».

     La couleur est donc visuelle, mais aussi émotionnelle, et reflète ainsi les missions d’inclusion et d’accessibilité des musées contemporains. En outre se dégage un nouvel enjeu dans l’utilisation de couleurs ajoutées aux matériaux : l’attention prêtée à l’environnement 25 , les architectes choisissent désormais des pigments et peintures durables. la couleur apparaît de nouveau, ici, comme l’un des enjeux majeurs de l’accessibilité d’espaces spécifiques, participant à créer des édifices valorisant l’accueil d’une grande diversité de publics potentiels. Cette vision du rôle du musée s’inscrit, selon Viviana Gobbato, dans une tendance portée par ces institutions au XXIe siècle, qui « se tournent vers une autre expérience muséale : elles se veulent des lieux […] de bien-être 26 », de la présentation des œuvres jusque dans l’architecture et la conception des espaces intérieurs.

Notes de bas de pages

  1. S.N., « Couleur et architecture », Texaa, consulté le 11 juillet 2024, https://texaa.fr/hors-champs/couleur-et 1 architecture/.

  2. GAUTRAND, Manuelle, N’THÉPÉ, Françoise, AUBRY, Guillaume, LE QUERNEC, Paul, SEBBAN, Julien, WRAY, 3 2 Jonathan, « AA x Chromatic : La couleur en architecture », Architecture d’Aujourd’hui, septembre 2023.

  3. KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », Dokmimarlik, 28 décembre 2024, .

  4. EXLEY, Sharon, Brightening it up. Color in space. Artistic colors, functional colors, Chine, SendPoints Publishing 4 Co, 2014, « Color is a visual language, conveying the full spectrum of moods and emotions, from strength and solidity to softness and serenity », p.5.

  5. BLEHER, Luce, Couleur et architecture, mémoire sous la direction de Marie-Paule Halgand, Ecole nationale 5 supérieure d’architecture de Nantes, Nantes, 2016, p.70.

  6. S.N., « Le Hamo. Espace de médiation, d’éducation et d’inclusion », Palais de Tokyo, https://palaisdetokyo.com/lieu/ 6 le-hamo/.

  7. S.N., « Hamo / Palais de Tokyo / Paris », Freaks Architecture, https://freaksarchitecture.com/portfolio/hamo-palais-de 7 tokyo-soon/.

  8. BLEHER, Luce, op. cit., p.4.

  9. REYNDERS, Anne-Laure, « Le musée national de la Marine s’engage pour une accessibilité universelle », Musée 10 national de la Marine, communiqué de presse, mai 2023.

  10. Ibid.

  11. KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », art. cit.

  12. SERVANTIE, Marie-Pierre, « Chromo-architecture. Espace public, culture et loisir », SERVANTIE, Marie-Pierre, Chromo-architecture. L’art de construire en couleur, Italie, Éditions Alternatives, 2007.

  13. BLEHER, Luce, op. cit., p.7

  14. KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », art. cit.

  15. BOLUT, Pauline, Couleur à l’ouvrage. La couleur comme outil architectural pour penser le projet, Nantes, École supérieure nationale d’architecture de Nantes, 2024.

  16. KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », art. cit.

  17. CASIMIR, Sivagami, GLUZICKI, Frédéric, « Dossier : Mettre de la couleur dans l’architecture », AC Presse, 15 juillet 2021.

  18. Entretien personnel, réalisé avec Marie-Pierre Servantie, chromo-architecte, « La couleur, son utilisation et ses effets sur les publics », Paris-Bordeaux, 17 février 2025.

  19. DUBOIS, Arnaud, « Poser la couleur : le Centre Pompidou Mobile, la coloration des murs et l’anthropologie », Images re-vues. Histoire, anthropologie et théorie de l’art, n°13, 2016.

  20. KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », art. cit.

  21. Ibid.

  22. Entretien personnel, réalisé avec Dominique Coulon, architecte, « La couleur dans les bâtiments publics culturels », Paris-Strasbourg, 21 décembre 2024.

  23. Entretien personnel, réalisé avec Marie-Pierre Servantie, chromo-architecte, ent. cit.

  24. MANFERDINI, Elena, BENYAMIN, Jasmine, et all., Full spectrum. Color in Contemporary Architecture, Design Studio, n°7, RIBA Publishing, 2023, « Color’s popularity […] provides fertile ground for more heterogeneous connections with the public », p.12.

  25. KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », art. cit.

  26. GOBBATO, Viviana, « Vers une théorie de la cognition incarnée au musée. Le cas de l’éclairage et ses fonctions », Éclats, n°4, 26 octobre 2024.

Bibliographie

BLEHER, Luce, Couleur et architecture, mémoire sous la direction de Marie-Paule Halgand, Ecole nationale supérieure d’architecture de Nantes, Nantes, 2016.

BOLUT, Pauline, Couleur à l’ouvrage. La couleur comme outil architectural pour penser le projet, Nantes, École supérieure nationale d’architecture de Nantes, 2024.

CASIMIR, Sivagami, GLUZICKI, Frédéric, « Dossier : Mettre de la couleur dans l’architecture », AC Presse, 15 juillet 2021.

DUBOIS, Arnaud, « Poser la couleur : le Centre Pompidou Mobile, la coloration des murs et l’anthropologie », Images re-vues. Histoire, anthropologie et théorie de l’art, n°13, 2016.

EXLEY, Sharon, Brightening it up. Color in space. Artistic colors, functional colors, Chine, SendPoints Publishing Co, 2014, « Color is a visual language, conveying the full spectrum of moods and emotions, from strength and solidity to softness and serenity ».

GAUTRAND, Manuelle, N’THÉPÉ, Françoise, AUBRY, Guillaume, LE QUERNEC, Paul, SEBBAN, Julien, WRAY, Jonathan, « AA x Chromatic : La couleur en architecture », Architecture d’Aujourd’hui, septembre 2023.

GOBBATO, Viviana, « Vers une théorie de la cognition incarnée au musée. Le cas de l’éclairage et ses fonctions », Éclats, n°4, 26 octobre 2024.

KEÇECI, Kagan, « Le rôle de la couleur dans la conception architecturale », Dokmimarlik, 28 décembre 2024.

MANFERDINI, Elena, BENYAMIN, Jasmine, et all., Full spectrum. Color in Contemporary Architecture, Design Studio, n°7, RIBA Publishing, 2023

REYNDERS, Anne-Laure, « Le musée national de la Marine s’engage pour une accessibilité universelle », Musée national de la Marine, communiqué de presse, mai 2023.

SERVANTIE, Marie-Pierre, Chromo-architecture. L’art de construire en couleur, Italie, Éditions Alternatives, 2007.

Webographie

S.N., « Couleur et architecture », Texaa, consulté le 11 juillet 2024, https://texaa.fr/hors-champs/couleur-et architecture/.

S.N., « Le Hamo. Espace de médiation, d’éducation et d’inclusion », Palais de Tokyo, https://palaisdetokyo.com/lieu/le hamo/.

S.N., « Hamo / Palais de Tokyo / Paris », Freaks Architecture, https://freaksarchitecture.com/portfolio/hamo-palais-de tokyo-soon/.